L’Eglise Réformée de France en quelques mots
L’Eglise protestante réformée :
affirme la priorité de la lecture et de l’interprétation personnelles de la Bible par rapport à la tradition ;
- préconise la liberté complète de la conscience contre toutes formes d’autoritarisme ;
- rejette toute hiérarchie et toute infaillibilité dans l’Eglise ;
- place sur un pied d’égalité les pasteur(e)s et les laïcs autorisés à célébrer le culte et les sacrements ;
- met au centre du culte du dimanche la lecture de la Bible et la prédication de la Parole de Dieu ;
- accorde une valeur symbolique au pain et au vin partagés quand il y a communion au cours d’un culte ; accueille à la communion toute personne (enfant ou adulte) qui reconnaît dans le pain et le vin les signes de la présence spirituelle du Christ ;
- prie Dieu et le Christ et ne prie ni Marie, ni les saints ;
- considère que l’amour fraternel est la réponse désintéressée à l’amour que Dieu porte à tout être.
Pour aller plus loin avec l’Eglise Réformée de France
La Liberté individuelle lui semble une valeur fondamentale. Ce n'est pas l'Eglise qui détermine ce qu'il faut croire ou faire. Dans le protestantisme, il n'y a pas d'autorité dogmatique, ni d'excommunication, ni de commandements d'ordre éthique. Cela implique que chacun est responsable de sa foi et de son comportement et est appelé à réfléchir par lui-même pour construire ses propres convictions à partir de la Bible.
La Bible est donc l'outil de base et le fondement de la vie de tout protestant. La lecture de cette Bible se fait, non pas "au pied de la lettre", mais avec un certain sens critique, en cherchant à replacer tout passage dans son contexte pour en extraire une signification actuelle. La Bible n'est pas considérée comme une ‘somme dogmatique’ ni comme un ‘code moral’, mais comme la nourriture privilégiée de la réflexion et de la vie spirituelle.
L'Eglise est l'assemblée des croyants réunis pour écouter la parole de Dieu. Personne ne peut prétendre fixer les contours de cette Eglise. Seul Dieu connaît les limites de ‘son peuple’. L’Eglise n'est pas médiatrice du salut, mais s'efforce, avec d'autres, de vivre sa foi et de donner des signes visibles de la gratuité de l'amour de Dieu.
Le Culte du dimanche est un moment privilégié de formation et de rassemblement pour la communauté. Il est public. Tous ceux qui cherchent, d'où qu'ils viennent, peuvent y assister. La prédication y a une place prépondérante. La Sainte Cène (l’équivalent de la ‘communion’ dans les églises catholiques) est communion au Christ présent par son Esprit. Le pain reste du pain, le vin reste du vin, mais ils sont les signes de la présence spirituelle du Christ.
Le pasteur anime la communauté, il est surtout un théologien et un spécialiste de la Bible. Il aide et stimule la recherche de chacun. Il n'a aucun pouvoir particulier, ni pour accorder le pardon (chacun est responsable devant Dieu et Dieu seul), ni pour célébrer la Sainte Cène (Communion). Il peut se marier. Tout ce qu'un pasteur fait, un laïc peut le faire.
Le salut par la grâce et par la foi seule
Le protestantisme a toujours insisté sur le salut de l’Homme par la foi seule et par la grâce de Dieu. Pour les protestants, l’Homme n’a rien de particulier à faire pour ‘mériter’ l’amour de Dieu et recevoir l’assurance du salut éternel.
Tout croyant acceptant une relation de confiance avec Dieu et soumettant sa vie à la Parole de Dieu est assuré de son salut. Les protestants tentent de faire le bien, non pour acquérir des mérites, mais en reconnaissance pour le salut donné par Dieu.
L’organisation des églises réformées de France, une organisation ‘démocratique’
Dès le début, les églises protestantes ont été organisées sur un modèle de structure démocratique d'autant plus exemplaire qu'il était alors presque unique. Cette structure s'appelle le système presbytérien synodal, parce que les décisions sont prises en deux lieux différents : les conseils presbytéraux (conseils d’administration des églises locales) et les synodes (assemblée régionale réunissant des représentants des différentes églises locales d’une région).
L’église locale, une ‘association cultuelle’
Chaque paroisse est organisée sous la forme d’une association cultuelle selon le modèle imposé par « la loi de séparation des églises et de l’Etat de 1905 ». Les personnes qui ont demandé à être inscrites comme ‘membres’ ont le droit de vote lors de l'assemblée générale qui a lieu une fois par an. Cette assemblée générale élit le ‘conseil presbytéral’ c'est-à-dire le conseil d’administration qui ‘gouverne’ la paroisse. Chaque conseiller est élu pour un mandat renouvelable de six ans, et le conseil est renouvelé par moitié tous les trois ans. Le pasteur est membre de droit de ce conseil.
Le conseil presbytéral élit un président qui peut être un pasteur ou un laïc (non pasteur). C'est ce conseil qui prend toutes les décisions concernant la vie de la paroisse, et qui, en particulier, nomme son pasteur. Il gère le budget qui est alimenté par les dons réguliers des membres de la paroisse. Une bonne partie des recettes est versée au secrétariat national de l'Eglise Réformée de France qui rémunère tous les pasteurs (tous les pasteurs perçoivent la même rémunération).
Tous les six ans, le conseil presbytéral peut décider de changer de pasteur, et le pasteur qui envisage de changer de paroisse peut prendre contact avec les conseils presbytéraux eux-mêmes en recherche ; la décision de sa nomination sera prise d'un commun accord.
Le ‘synode régional’
L'autre instance de ‘gouvernement’ de l’Eglise Réformée est le Synode.
Chaque conseil presbytéral choisit parmi ses membres un délégué qui siège au synode régional annuel avec le pasteur (il y a 7 régions en France ; chaque région réunit une fois par an son ‘synode régional’). Le synode régional prend les décisions concernant l'ensemble de la région. Il élit un conseil régional qui, avec son président, a pour rôle de coordonner toutes les activités des églises locales de la région. Ce rôle n'est ni doctrinal ni hiérarchique, il est administratif et humain.
Le ‘synode national’
Les synodes de chaque région élisent aussi des délégués, pasteurs et laïcs, pour siéger au synode national (assemblée générale annuelle de l’Eglise Réformée de France). Le synode national est la plus haute instance décisionnelle de l’Eglise Réformée de France. Il peut prendre les décisions concernant la vie de l'ensemble de l'Eglise Réformée. Eventuellement, il modifie la discipline, qui règle le fonctionnement général de l'Eglise en laissant la plus grande liberté à chaque paroisse. Le synode national élit un ‘conseil national’qui permet d'avoir au cours de l'année une action suivie.
L'Eglise Réformée de France est membre de la Fédération Protestante de France qui réunit la plupart des Eglises issues de la Réforme, et qui représente le protestantisme français.
Le culte protestant
Il est ouvert à tous. On peut y venir par simple curiosité. Voici les différentes étapes de son déroulement :
1 - Il commence par un rappel, en une vingtaine de minutes, de quelques vérités fondamentales qui préparent à la lecture de la Bible:
- L'Adoration : la louange de Dieu.
- La Confession des péchés : appel à se libérer de ses esclavages personnels et à aimer son prochain. La reconnaissance de son incapacité à faire le bien et de son besoin d'en appeler à l'aide de Dieu.
- L'Annonce du pardon : l'assurance que, par grâce, les hommes sont tous pardonnés de la même manière et ont tous la même place sous "le soleil qui se lève sur les justes comme sur les injustes." (Matthieu 5:45)
- Le rappel de la Volonté de Dieu : le chrétien pardonné s'engage à vivre dans l'amour et la solidarité.
2 - Le culte se poursuit par la lecture de la Bible et la prédication. A partir de l'étude d'un texte biblique, le prédicateur (qui est généralement un pasteur mais qui peut être aussi un laïc) tente d'apporter une réflexion, une nourriture et une interpellation. Il fait part, en toute liberté, de ses propres convictions et montre l'actualité de la Bible et de l'enseignement de Jésus Christ.
Vient ensuite la confession de foi où l'assemblée dit sa confiance en Dieu qui ouvre la route de la libération, en Jésus Christ qui incarne la Parole d'un Dieu d'amour et de pardon, et en l'Esprit Saint qui anime les croyants et les hommes de bonne volonté.
3 - Ensuite vient la célébration de la Sainte Cène, (une à deux fois par mois en général et à l'occasion des cultes de fête). Tous ceux qui reconnaissent dans le pain et le vin les 'signes visibles' de la présence de Jésus-Christ sont invités à y participer en se joignant au cercle des communiants. Chacun reçoit de son voisin le pain et le vin. Ce repas rappelle que nous sommes tous ensemble appelés à nous réconcilier les uns avec les autres et à nous nourrir de l'e nseignement du Christ.
4 - Le culte se termine par la prière d'intercession et le Notre Père. L'assemblée présente à Dieu la souffrance du monde et appelle la venue de son règne. Enfin, par la bénédiction, chacun reçoit l'assurance que l'amour de Dieu l'accompagnera sur son chemin.
Les différents temps du culte sont ponctués par le chant de psaumes et de cantiques, et par des jeux d'orgue. Lors des annonces, une information est donnée sur les activités de la paroisse. Au cours du culte, des 'collectes' sont faites pour les activités de l'Eglise d'une part et souvent également pour d'autres services. Par exemple l' Entraide Protestante.